le Progrès du lundi 6 juillet 2015
UNION EUROPEENNE - Le "non" grec, un lourd défi pour l'Europe. Les premières estimations et les résultats partiels donnent une large victoire à Tsipras. La gauche radicale gagne son pari : les Grecs soutiennent Alexis Tsipras face aux créanciers du pays. Le référendum grec ne marque cependant pas la fin de la crise.
61,53 % des voix en faveur du non aux propositions des créanciers européens : c'était le résultat provisoire du référendum grec hier soir à 22 heures, après le dépouillement de près de 72 % des suffrages.
Le peuple grec envoie un message de dignité, de détermination, le message d'avoir le choix de prendre son destin entre ses mains. Demain, nous ouvrirons un chemin pour tous les peuples d'Europe, une voie de retour aux valeurs fondatrices de la démocratie et de la solidarité en Europe, en envoyant un message fort de volonté non seulement de rester en Europe mais de vivre avec dignité en Europe. Alexis Tsipras, Premier ministre grec
Président du cabinet d'analyse économique ACDEFI, auteur de "Guérir la France. La thérapie de choc" (Editions du Moment)
"L'Europe doit dire non après le nom grec"
Quelle analyse faites-vous du non grec ? Quelles en sont les conséquences pour l'Europe et pour l'euro ?
C'est une claque à l'Europe et à son tour, l'Europe doit dire non à la Grèce, qui doit sortir de la zone euro. La Grèce d'Alexis Tsipras s'est mise en dehors des clous et n'a pas respecté les règles : il faut tenir compte de cette réalité, sortir de notre déni et ne plus l'aider. Si l'Europe ne le fait pas, ce sera un aveu de faiblesse. Il en va de la crédibilité et de la légitimité de l'Europe de ne pas tendre l'autre joue après cette gifle. Cela n'aurait d'ailleurs plus de sens que la Grèce reste dans la zone euro. Le pays est en faillite et il est acquis qu'il ne va pas rembourser sa dette. Il doit revenir à sa monnaie nationale.
Le Grexit serait une bonne solution ?
Oui, clairement. Dès son arrivée au pouvoir, Alexis Tsipras n'a cessé de gagner du temps : il n'a jamais eu l'intention de rembourser la dette grecque pour laquelle les autres Etats se sont endettés. Il faut que les pays de la zone euro cessent cette hémorragie, sinon ce petit jeu grec peut nous amener très loin. Car le Premier ministre grec non seulement joue avec l'Europe mais en plus, il menace sa cohésion politique. Il y a donc urgence à organiser le Grexit et reprendre les choses en main pour que la zone euro retrouve sa stabilité.
Il ne faut plus négocier avec la Grèce ?
La Grèce n'a plus sa place dans la zone euro. Si l'Europe continue de courber l'échine, alors il y a un risque d'effet domino. Et demain, n'importe quel pays en crise fera comme la Grèce au lieu d'engager des réformes. Le risque de contagion est réel. Ce n'est même plus risque latent, mais un risque patent. Recueilli par Nathalie Chifflet
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